Les Remparts de Domme
Les remparts ont existé dans bon nombre de bastides. Pour l’historien Georges Duby, « la muraille était l’élément le plus important de la réalité physique et symbolique des villes médiévales ». Témoignant de la prise de conscience urbaine, les remparts donnaient un caractère sacré à la ville et offrait en même temps aux habitants des garanties de sécurité.
La bastide Royale de Domme est construite sur un éperon rocheux dominant la Dordogne au sud de Sarlat. Elle fut fondée en 1281 par Philippe III le Hardi alors que le bourg féodal de Domme Vieille reste aux évêques de Sarlat. Le tracé trapézoïdal des fortifications a été adapté à la configuration naturelle du site en prenant appui sur les assises rocheuses affleurant ça et là. Au nord et nord ouest, la falaise délimite elle même l’enceinte. Elle se referme à l’ouest par l’enceinte du Château du Roy dont il ne reste que quelques vestiges. La bastide a été occupée par les anglais de 1417 à 1438. L’ensemble fortifié est en partie démantelé à la fin des guerres de Religion mais il reste très complet dans ses parties sud et est.
La position exceptionnelle du Mont de Domme rend les remparts inutiles au nord car le précipice constitue une défense naturelle infranchissable.
La Porte des Tours est une porte à sas long, dit sas à deux couples d’éléments d’arrêt, permettant le stockage d’attelages, qui définit un dispositif de portes bâties par le roi dans le dernier quart du XIIIème siècle. La bretèche de cette porte est une reprise tardive pour pallier la lacune d’une ceinture continue de défense non prévue dans l’ouvrage des années 1300.
La Porte Delbos, la Porte de la Combe et la Porte des Tours marquent les entrées de la ville. Les archères à niches dotées d’un triangle bas disposent de coussièges, permettant à l’archer d’attendre en position assise, aménagement figurant dans l’architecture royale du dernier quart du XIIIème siècle et du début du XIVème siècle.
Les maçonneries sont fondées sur la roche qui affleure parfois et est alors retaillée voire ravalée pour amorcer l’élévation en pierre de taille ou en moellons assisés de taille moyenne à grosse (moellons équarris à tête dressée). Le sous-sol comporte de nombreuses cavités et grottes ce qu entraîne parfois des affaissements de terrain.
Ponctuellement, le soubassement est renforcé par une surépaisseur amortie par un lacis de 3 ou 4 assises de pierre. Il ne subsiste rien des dispositifs antérieurs des murs, créneaux, merlons et hourds éventuels qui ont totalement disparus lors du démantèlement des fortifications à la fin du XVIème siècle.
Selon les endroits, on remarque différents types de maçonneries. On trouve tout d’abord un appareil en pierre de taille d’assises régulière (30 à 35 cm) à parement layé : échauguettes carrées de la Porte des Tours, soubassement en forme de glacis, niches des archères. Le parement de la Porte des Tours est constitué d’un bossage rustique avec une ciselure périmétrique d’assises régulières de 20 à 30 cm.
Sur l’ensemble des maçonneries en élévation dont l’encadrement extérieur des archères, nous avons un appareil allongé et assisté en moellons équarris à tête piquée d’assises régulières de 20 à 30 cm.
On trouve des petits moellons équarris à joint sec ou incertain sur les parties supérieures des tours et sur les reprises plus ou moins récentes, et des moellons petits à gros non équarris en opus incertain, voire des cailloux, sur les reprises des parties effondrées et les tours de flanquement.
En partie basse, en fondation, la roche est dégagée ou affleurante en forme de soubassement.
Différents ouvrages ponctuaient les remparts de la ville dont la plupart, à l’état de vestiges aujourd’hui, témoignent des dispositions primitives des défenses de Domme : des archères à niches comme nous l’avons évoqué mais aussi des tours et des portes.
Probablement dotés de tours circulaires de flanquement systématique, concept très diffusé par les constructions royales aux XIIème et XIIIème siècle, les remparts de Domme ne disposent plus que d’une tour récemment restaurée, située à l’extrémité nord est de l’enceinte et appelée Tour du Gal. Elle fut construite en moellons de différentes tailles d’assises irrégulières, et percée de petites ouvertures.
Quatre portes sont en place et constituent toujours les accès de la ville : la Porte des Tours, la plus imposante et la plus connue, mais aussi la Porte Delbos, la Porte de la Combe et la Porte Basse.
Depuis la naissance de la bastide, les remparts appartenaient aux habitants qui devaient les entretenir et les protéger en cas d’attaque. Mais lorsque les conflits prirent fin, certains Dommois, notamment au XIXème siècle, vendirent les pierres de l’enceinte, souvent pour de simples raisons pécuniaires. Tandis qu’à d’autres endroits, les remparts furent détruits car devenus gênants pour la circulation automobile.
Différentes restaurations ont permis aux remparts de conserver leur tracé général. Celles-ci marquent cependant les élévations par une absence de continuité architecturale et de souci de l’appareil en place. Elles ont été réalisées par différents intervenants : des maçons locaux commandés par la commune, les propriétaires des terrains traversés et, depuis 1873, le service des Monuments Historiques.
Les Remparts de Domme, fortifications exceptionnelles, sont classés Monuments Historiques.
Les graffitis templiers de la Porte des Tours
La Porte des Tours est l'élément fort, d'un point de vue historique, d'un point de vue architectural, mais aussi d'un point de vue symbolique et d'un point de vue émotionnel, de l'ensemble des fortifications de Domme.
Ce site a servi de prisons aux Templiers après leur arrestation en 1307 et présente des témoignages bouleversants que ces moines-soldats ont gravés dans la pierre.
En 1099, les croisés de Godefroi de Bouillon prennent Jérusalem. Reste à défendre ce poste avancé de la chrétienté. En 1118, neuf chevaliers francs décident de consacrer leur vie à la cause des pèlerins en Terre Sainte ; ils prennent d’abord le nom de « Pauvres Chevalier du Christ », puis après que Baudouin II leur ait donné pour résidence une salle de son palais de l’esplanade du Temple, ils deviennent les chevaliers du Temple – les Templiers.
Au moment même où l’occident se couvre d’un blanc manteau d’églises cisterciennes, s’érigent près de 9.000 commanderies templières, en Terre Sainte puis en Europe. Leur architecture s’adapte aux principales missions du Temple, si typiquement médiévales : la défense et l’économie agricole.
Après de nombreuses croisades, Saint Jean d’Acre est perdu. La présence chrétienne en Terre Sainte se termine ainsi que la vocation du Temple à protéger les pèlerins. Déjà les compromissions de la foi et de la politique avaient déconsidéré les Templiers. Leur repli en occident va achever leur ruine. Jouissant de nombreuses exemptions, bénéficiaires de nombreuses donations, les Templiers ont la réputation d’être riches. Par ailleurs, une habitude initiée par les pèlerins, qui leurs confient leur argent avant leur départ par crainte d’être dépouillés sur des routes peu sûres, les conduit à la pratique de la banque. Les Templiers vont au fil du temps amplifier leurs activités financières et deviendront même dépositaires du trésor royal.
Pour Philippe IV le Bel, tant de puissance et de richesse est aussi inutile que gênante. Il devient urgent pour lui de se débarrasser d’un contre pouvoir, d’un état dans l’état, redevenir maître du trésor royal et surtout saisir celui des Templiers.
Le 13 octobre 1307, à l’occasion d’une des opérations policières les plus extraordinaires de tous les temps, remarquablement organisée pour l’époque, les Templiers sont arrêtés. De leur arrestation, à leur condamnation à mort le 18 mars 1314, s’écoulent 7 ans d’un procès joué d’avance et au cours duquel les templiers, soumis à la question, avouèrent les pires invraisemblances : adoration d’une idole nommée Baphomet, sacrilèges, sodomie. Le roi se révèlera fin juriste, expert en manipulations de l’opinion, du peuple au pape, en passant par les juges. L’ordre du Temple est dissout par Clément V, ses biens sont confisqués au profit des Hospitaliers après que le roi, sous prétexte de dette, en ait tiré le plus d’argent possible.
Beaucoup de choses ont été dites sur les templiers. Depuis la mort du roi de France et du pape, consécutive au supplice de Jacques de Molay, l’intérêt pour les templiers s’est accrut autant que leur mythe, surtout à partir du XVIIIème siècle au moment de la constitution des confréries, comme les Francs-Maçons. On parle aussi de malédiction et de trésors dissimulés.
A Domme, il existe un trésor à découvrir ou redécouvrir : celui laissé par les 70 prisonniers Templiers enfermés dans la Porte des Tours à partir de 1307.
Venus de Périgueux, Cahors, Poitiers, Clermont, Angoulême, Bourges, Toulouse, Carcassonne, ces Templiers venaient de comparaître à Paris devant la Commission Pontificale. En observant le lieu et le manque d’espace, on peut s’interroger sur les conditions d’enfermement et la promiscuité qui a été le lot de ces malheureux, surveillés en permanence par les gardes du chemin de ronde supérieur. Ils réalisèrent les graffitis dans une misérable lumière provenant des quatre archères.
L’archère située face à la porte d’accès de la tour, est considérée, en quelque sorte comme le sanctuaire du lieu, et on peut suggérer qu’une messe pouvait être dite par un moine templier, ce qui expliquerait les différents registres gravés : le ciel paradisiaque avec ses anges, le Christ, la Vierge, Saint Jean et Saint Michel au bras armé.
Le lieu s’est dégradé car il n’a subi aucune conservation et les graffitis en pâture à la pluie, au vent et à l’humidité sont en voie de disparition progressive.
Heureusement, ces documents ont été moulés ou ontfait l’objet de relevés par des chercheurs et des passionnés.
La remarquable étude du Chanoine Tonnelier, première tentative d’interprétation symbolique des graffitis, montre leur similitude avec d’autres comme ceux de Chinon ou Gisors. Les inscriptions vengeresses (CLEMENS DESTRUCTOR TEMPLI), les très beaux crucifix, les symboles chrétiens fort nombreux, témoignent du calvaire, du sort injuste et de la foi inébranlable des Templiers, et consolide ainsi le mystère et l’intérêt qu’ils inspirent toujours.
LE LAVOIR DE LA BASTIDE
RECOMPENSE
Le lavoir de la Bastide de Domme était un élément important du dispositif d'alimentation du bourg de la commune en eau potable.
A la fin du XIXème siècle, pour répondre à un approvisionnement insuffisant en eau, les élus avaient décidé de capter l'eau d'une source située sur la commune, à plusieurs kilomètres de la Bastide, sur le pourtour du plateau de Bord.
Ce projet a donné naissance à une réalisation aussi audacieuse qu'ingénieuse.
En effet, l’eau de la source de la Cannelle produisait une eau de qualité en quantité abondante : son débit était estimé à l’époque à 100 m3 par jour. Cette eau fut conduite jusque dans le bourg de Domme par un système de canalisations en fonte avec des regards pratiqués tous les 250 mètres. L’eau descendait dans cette conduite par gravitation grâce à une pente d’un centimètre par mètre. La conduite pénétrait dans Domme par la Porte des Tours. Cette eau alimentait un Château d’eau situé au niveau de l’actuel Hôpital puis allait place de la Halle. L’excédent redescendait alors dans les citernes du lavoir public et s‘échappait rue Porte de la Combe.
A l’époque, l’agglomération était desservie par huit fontaines ou bornes publiques et deux personnes, dont un fontainier, étaient affectées à l’entretien de ces installations qui fonctionnèrent jusqu’en 1965, c’est à dire jusqu’à la distribution d’eau potable à domicile.
Le réseau d’eau de la Cannelle est aujourd’hui à l’abandon. L’ingénieux système de canalisation est très endommagé et sa remise en état aurait coûté excessivement cher. La source de la Cannelle ne peut donc plus fournir d’eau et son murmure s’est tu dans les tuyaux du lavoir.
La municipalité, attachée à la réhabilitation du petit patrimoine, a entrepris de redonner une seconde vie à son lavoir qui, à une époque pas très éloignée, eût beaucoup d’importance dans la vie quotidienne des habitants de la commune.
Le lavoir de Domme est attenant à une fontaine adossée à une énorme cuve qui servait de réservoir d’eau. Situé dans une enceinte, il est principalement composé d’un bassin en forme de baignoire allongée, avec un rebordd’une vingtaine de centimètres de hauteur. L’eau s’écoulait autrefois dans le bassin grâce à un simple tuyau. L’ensemble de la structure est construit en pierres. On accède au lavoir grâce à des escaliers, soit par l’entrée principale rue Porte des Tours, soit par la place de la Rode.
La Halle de Domme
A l'intérieur des bastides, sur les espaces publics, des aménagements étaient souvent réalisés.
Ainsi, une halle occupait parfois le centre de la place. Généralement, l'nstallation était en bois et la charpente reposait sur de nombreux piliers réguliérement répartis tout autour.
Espace abrité, elle était équipée de mesures utilisables par les marchands pour le commerce des grains et de diverses denrées. La maison communale pouvait être aménagée à l'étage. Souvent, c'était là que se réunissaient les Consuls et le Bayle, responsables de l'administration de la cité. On y gardait d'ailleurs le sceau communal.
La présence de halles conférait aux places des bastides un rôle économique. C’était un lieu d’échanges, de foires et marchés et l’emplacement du petit commerce. C’était aussi un centre d’attractions et de réjouissances.
La halle de Domme date certainement du XVIIème siècle. Elle devait servir de marché couvert au rez-de-chaussée et, à l’étage, de maison commune où se réunissait les autorités.
On pense qu’une halle primitive existait vraisemblablement sur l’autre place, dans le quartier considéré à l’époque comme le quartier pauvre de la cité, là où étaient organisés habituellement les foires et les marchés. L’emplacement actuel du Castelet était d’ailleurs appelé « le Mercadiol », ce qui en occitan signifie : le petit marché.
La halle est située dans la partie la plus « aisée » du village, fait attesté par l’allure des bâtiments qui l’entourent.
D’origine, la halle ne conserve que les piliers et sa superbe balustrade en bois. L’imposante charpente supporte une toiture couverte en partie de lauzes. Les piliers sont moins serrés au milieu pour laisser vraisemblablement passer des véhicules. Elle servait certainement plus comme garage et au début du XXème siècle le corbillard y stationnait.
Deux salles sont situées à l’étage. Une d’elles est affectée à la permanence hebdomadaire du notaire. Au XIXème siècle et au début du XXème siècle, l’autre salle servait à la Justice de Paix. Pendant longtemps, les réunion du Conseil Municipal furent organisées à l’étage de la Halle.
La halle a été largement restaurée a plusieurs reprises. Elle fut notamment reconstruite en 1879 aux frais du Marquis de Maleville, sénateur-maire de Domme. Elle fut surtout aménagée en 1954 pour y réaliser l’entrée des grottes.
Située loin du cœur de la ville, l’entrée ne favorisait pas l’augmentation du nombre de visiteurs. Des travaux furent entrepris par les dirigeants du Syndicat d’Initiative pour rapprocher cette entrée de la place de la Halle. Une galerie de 120 m de long fut creusée et une salle de 50 m fut découverte. Des travaux d’électrification des salles et des couloirs furent également réalisés. Ainsi, les grottes de Domme, classés parmi les plus belles du Sud Ouest, attirent chaque année davantage de visiteurs.
L'église de Domme
Avec le plan et la place centrale, l'église était, dans les bastides, un des trois éléments essentiels et s'avérait indispensable à la population profondément catholique à l'époque médiévale. L'édifice était généralement une maison de prière mais aussi un lieu de dépôt pour certains trésors ou textes importants tels que les chartes de fondation.
L’église ne se trouvait qu’exceptionnellement sur la place. Le plus souvent, elle était construite à l’extérieur de cet espace. Ainsi, mise à l’écart dans un endroit plus calme et plus propice à la méditation, elle avait une relation diagonale avec les activités du village. Il arrivait aussi très rarement qu’elle se trouve à la périphérie. La construction des édifices religieux fut dans la majorité des cas postérieure à celle des bastides car la plupart du temps les efforts se portaient en premier sur la construction des bâtiments civils et militaires. Dans certains cas, les églises avaient un caractère de forteresse et participaient à la défense de la ville.
Ainsi, l’église de Domme est située en retrait de la place de la Halle et marque un passage obligé vers l’Esplanade de la Barre.
Au XIIIème siècle, pour l’édification ou la reconstruction de l’église, on a choisi le point le plus élevé de la cité, symbole de la supériorité du spirituel sur le temporel.
Comme pour la plupart des bastides, l’église n’est pas implantée au bord de la place centrale mais légèrement à l’écart, orientée Est/Ouest comme tous les bâtiments majeurs.
Selon le Chanoine Entraygues, c’est grâce à la faveur royale et à sa situation exceptionnelle que Domme devint une Châtellenie puissante et étendue, tour à tour française et anglaise, catholique et protestante. La ville possédait alors une belle église, édifiée à la bonne époque, au XIIIème siècle.
En 1588, les Calvinistes, conduits par le Capitaine de Vivans, s’emparèrent de Domme et firent raser l’église sans toucher au clocher, se contentant d’en emporter la cloche au château de Doissac. Les pierres de l’église furent employées à fermer la brèche faite dans le rempart pour pénétrer dans la ville. Le culte catholique fut interdit et remplacé par la religion protestante avec le sieur Beaupoil comme ministre. Vivans fit le serment suivant :
« Plus tôt le Pape quittera Rome que Monsieur Vivans ne quitte Dôme ».
Moins de 4 ans après, le 10 janvier 1592, Vivans cédait Domme où il ne pouvait plus se maintenir, au représentant de l’autorité royale, M. de Thémines, et, avec ce dernier, la religion catholique rentrait de nouveau dans la cité.
Avec les pierres de l’église, Vivans avait bâti le rempart. Avec les pierres du rempart, les catholiques vont bâtir leur nouvelle église.
Dans une salle de l’hospice de Domme, on lit l’inscription suivante gravée dans la pierre : « l’an 1622, le 25 mars, la première pierre pour la réédification de l’église Notre Dame du Mont de Dome a été posée par quatre consulz et caindic de la prézente année… ».
L’église nouvelle est certainement moins belle que l’ancienne. Elle fut construite par Henri Bouyssou de Monpazier. La ville paya à ce maître maçon 4.500 livres en argent et lui fournit en outre 500 journées, tous les bois nécessaires et les pierres de la citadelle.
L’édifice est composé d’une nef avec 4 chapelles latérales voûtées en pierre. La nef est flanquée de 2 bas côté abritant chacun 3 travées. La sacristie occupe la travée est du bas côté sud tandis qu’une salle sans affectation occupe la travée ouest du bas côté nord.
Le parvis est revêtu de dalles en pierres. La toiture, percée de lucarnes, est recouverte de tuiles plates en très grande partie, avec une bordure en lauzes.
Les parements extérieurs sont en pierre calcaire du pays de petit appareil.
La grande porte en bois qui ferme la nef est constituée de 4 parties : deux grands ouvrants dans lesquels une porte centrale laisse un passage d’homme et une imposte. La porte d’accès latéral à l’église est de facture simple à planches croisées et cadre extérieur.
De récents travaux de réhabilitation ont mis à nu l’ensemble de l’intrados.
L’arcade séparant la nef de la chapelle Nord Ouest est recouverte d’une fresque datant de 1902 composée de 4 médaillons à thèmes peints à l’huile.
La nef est couverte d’une voûte en pierre dressée en berceau surbaissé, percée de quatre fenêtres à pénétration.
Dans l’église persistent quelques boiseries d’époque, certaines d’entre elles formant un bel ensemble. Une tribune en bois surplombe l’entrée principale. On note la présence de grilles de communion dans le chœur et dans les chapelles latérales.
Dans le chœur, un grand retable en bois occupe la totalité du mur. De part et d’autre de la statue centrale, deux panneaux peints représentent la vierge. Au-dessus de ceux-ci, deux têtes d’angelots sont posées sur des ailes dorées.
Dans la nef, coté droit, on note le présence d’un grand ensemble de boiseries avec des sculptures en bas relief. Coté gauche, on aperçoit le grande chaire en bois ouvragé. Au dessus d’une des chapelles, est accroché un grand tableau représentant « Marie Madeleine et le Christ ».
Dans les chapelles, signalons la présence d’objets de culte, de reliques mais aussi de nombreuses statuts réalisées par Marguerite Mazet,
Les cloches sont au nombre de trois et placées dans les baies campanaires prévues à cet effet. L’entretien des cloches se fait grâce à un escalier métallique.
Toutes les baies sont équipées de vitraux, sauf les deux ouvertures de la chapelle Nord Est qui sont fermées par de simples vitrages. Ces vitraux semblent dater du XIXème siècle.
La Sainte Vierge fut de tout temps très honoré à Domme. Aussi l’église paroissiale a-t-elle pour patronne et titulaire Notre Dame de l’Assomption. Tout permet de croire que l’ancienne église avait la même dédicace que la nouvelle. Dans cette église est une madone antique et vénérée, que l’on dit miraculeuse et qui est appelée couramment Notre Dame de Domme.
Les Dommois attribuent à sa mère protectrice un certain nombre de faits miraculeux.
Aucun procès verbal n’ayant été dressé, l’historien doit se borner à enregistrer la tradition populaire. La conversion d’un pécheur est en soi un miracle plus grand que la guérison d’un malade. Notre Dame de Domme a fait souvent l’un et l’autre. Les fleurs qui sans cesse se renouvellent à ses pieds témoignent de l’amour et de la confiance qui lui est accordée.
La Porte des Tours et
le système défensif
de la Bastide de Domme
La Porte des Tours était la plus importante des quatre portes fortifiées permettant l'accès à l'intérieur de la Bastide, lors de sa fondation en 1281.
L'ampleur de son châtelet représentait certainement l'élément majeur d'un système défensif important comprenant 2800 mètres de remparts, tours, portes et créneaux.
L’accès à cette porte était protégé à l’extérieur par un fossé sec, taillé dans le roc, semblable à celui qui subsiste à notre droite.
Ce fossé sec était franchi par un ponton rétractable vers l’intérieur, donnant accès au long “sas” de la porte dont les arcs brisés de la voûte formaient des glissières verticales permettant d’actionner deux herses et une lourde porte en chêne cloutée ; la salle des manœuvres surplombait ce dispositif.
Les deux tours qui flanquent ce long passage obligé, ouvraient sur l’assommoir par des archères permettant un tir croisé sur les assaillants.
Vues sur plan ces deux tours sont en fait deux demi-tours, leur façade ouest étant un fronton plat, percé de deux portes en arc brisé donnant accès à leur rez-de-chaussée.
La Tour Nord est plus vaste que sa soeur, dotée de couloirs bâtis dans l’épaisseur des murs et menant aux latrines. Les voûtes en ogive des tours supportaient le premier étage en terrasse.
Deux escaliers à vis donnaient accès au corps de garde, aux réserves à munitions, aux deux tours canonnières et au chemin de ronde.
Les pierres à bossage bâties à joint serré qui constituent les murs extérieurs de ces deux tours, servaient à modifier la direction des flèches tirées par les archers assaillants, alors que la façade plate, donnant sur la place d’Armes, est bâtie en majorité avec des pierres façonnées à joints plats.
Tous les murs intérieurs des deux demi-tours et des corridors du rez-de-chaussée sont ornés de nombreux écus gravés et blasons, datant de la guerre de cent ans. Le Léopard flanqué des roses des Lancaster atteste de l’occupation Anglaise. Une multitude de graffitis templiers témoignent également de l’emprisonnement des chevaliers du temple dans ces tours, entre 1307 et 1318.
Durant deux siècles le Mont de Domme changea 28 fois d’occupants. Le plus téméraire d’entre eux, le Capitaine de Vivans, fit graver dans une pierre du fronton de la place d’Armes une phrase révélatrice : “le Pape quittera Rome avant que Vivans ne quitte Domme”. C’était en 1588.
Une paix relative trouvée bien plus tard, au XIXème siècle, les Dommois peu rancuniers donnèrent le nom de Vivans à une rue de leur chère Bastide.
Le Château du Roy

Le Château du Roy se situe sur la partie ouest de la commune, sur un promontoire surplombant la route de Sarlat à Cahors.
Il s'agit d'un édifice très ancien du XI ou du XIIème siècle. La date de sa reconstruction est incertaine.
Les chroniques du Périgord rapportent que Simon de Montfort lors de ses Croisades contre les Cathares s'empara du Château en 1214.
Simon de Montfort établit pendant plusieurs semaines son camp sur le plateau où se situe actuellement la bastide. Il en fit démolir le donjon, tour fort belle, très haute et fortifiée jusqu'au sommet.
En 1280, le Roi de France, Philippe III Le Hardi, acheta l'ensemble du Mont de Dôme. L'objectif du roi était de faire du Mont de Dôme une place de guerre capable de résister aux attaques des Anglais alors possesseurs de la Guyenne. A cet effet, le promontoire offrait un site exceptionnel.
La construction des fortifications de la ville nouvelle fut conduite avec diligence. Elles étaient terminées à la fin du XIIIème siècle.
Les fortifications nouvelles intégrèrent les fortifications anciennes du Château du Roy.
Depuis la Renaissance le Château du Roy paraissait à l'abandon. Son manque d'entretien par ses propriétaires présentait des risques sérieux d'éboulement et la végétation envahissante menaçait de désolidariser pierres et murs du site.
Classé Monument Historique par arrêté du 10 août 1942, le Château du Roy n'est devenu propriété de la commune qu'en 1995. Cette acquisition permet à la commune de disposer de l'ensemble des fortifications militaires d'un intêrét exceptionnel, en rassemblant dans une même enceinte, une bastide et un château médiéval.
Le Château du Roy présente encore des vestiges intéressants de la plus ancienne architecture militaire du Périgord. Il se compose d'un mur d'enceinte et de corps de logis à l'intérieur de l'enceinte. Plusieurs salles ont été conservées et notamment des salles de caractères troglodytes creusées dans le roc.
Domme, un modèle de bastide.
par Séverine Mages

I) La situation géographique:
C'est dans la région la plus orientale du Périgord, aux limites des premiers plateaux du Quercy et du département du Lot, que se dresse sur son "Pech" la bastide de Domme.
Etablie à 230 mètres au-dessus de la Dordogne, elle domine au sud les Causses de Daglan et la vaste plaine de Born et au nord les coteaux boisés du Périgord Noir.
Par conséquent, du haut de son promontoire, composé de sols jurassiques formés d'épaisses strates renfermant des dépôts sidérolithiques pauvres et acides, Domme pouvait contrôler le trafic sur la Dordogne.
D'autre part, notons qu'étymologiquement, le terme de Domme renvoie à la topographie du lieu. En effet, dès le X siècle, l'occupation des sols s'exprime par une toponymie qui désigne les lieux par des noms simples en relation avec le relief et les contingences liées à la survie.
Ainsi, Doma signifiant "coupole" en langue occitane, désigne en bas latin un toit en terrasse, rendant de ce fait parfaitement compte de la forme du "Pech" en pyramide tronquée.
II) Historique:
Dans ce paragraphe, nous déroulerons l'histoire de la bastide de sa construction à la fin du XVI siècle, car seuls ces trois siècles nous permettent de faire un parallèle avec l'étude de l'architecture.
Alors que depuis 1225, profitant des désordres de la croisade Albigeoise, les anglais avaient infiltrés le Périgord jusqu'aux confins de la Vézère, Philippe III pour contrer cette avancéen'eut d'autre ambition que d'implanter des bastides.
Suivant l'exemple d'Alphonse de Poitiers, grand bâtisseur de bastides, le roi de France décida en 1280 de s'établir sur le rocher de Domme afin d'y élever une place forte qui servirait de tête de pont à la résistance sur la Dordogne face aux bastides anglaises de Molières et Montpazier.
L'avènement de la bastide commença lorsque Philippe III décida d'échanger la seigneurie de Beynac au profit de Mont-de-Domme, alors propriété de Gilbert de Dôme qui y possédait une tour maison.
C'est le 7 mars 1281, que fut signé à Cahors, à la demande du Sénéchal du Périgord, Simon de Melun, le contrat de paréage. Ce dernier, conclut en présence de l'évêque Simon de Cornil et de l'abbé de Sarlat qui céda au roi sa suzeraineté sur le Mont-de-Domme. Par ce contrat, le roi devait assurer la mise en oeuvre, la protection et l'administration de la bastide, en compensation de quoi il récupérait les revenus issus des ventes et des impôts fonciers.
De ce fait, par ce contrat, Philippe III pu unifier et étendre son domaine tout en renforçant son pouvoir sur un territoire convoité et contesté. En effet, Mont-de-Domme situé en terre anglaise était réclamé par le roi-duc en tant que place forte non restituée après le traité de 1259.
D'autre part, avant son achat par le roi, malgré le manque de document nous pouvons supposer que Mont-de-Domme n'était habité que par quelques familles regroupées autour de la tour-maison de Gilbert de Dôme.
Aussi, une fois l'acte de vente conclut, le roi de France pour fixer de nouvelles populations dû accorder de nombreux privilèges comme notamment des immunités financières.
Dès lors, la construction de la bastide pu débuter, sous la direction du Grand Sénéchal de Normandie.
Peu de temps après le début des travaux de fortifications, en 1283, Mont-de-Domme obtint sa charte de franchise. Mais, rapidement les nombreux privilèges accordés aux habitants de la bastide suscitèrent des différents avec les co-seigneurs du château de Domme-Vieille. Ce château édifié à l'extrémité occidentale du "Pech" n'appartenait pas au domaine foncier royal.
Aussi, afin de résoudre les conflits entre ces deux entités, Philippe III dû rapidement mettre en place une institution consulaire, dont le rôle était de faire appliquer la justice royale.
Finalement, ce n'est qu'en 1310 que s'acheva l'édification des fortifications de Mont-de-Domme, alors que dans le même temps l'influence anglaise en Périgord réduisait comme peau de chagrin, mettant fin aux hostilités franco-anglaise.
Cependant, la trêve fut de courte durée, car dès 1337, la confiscation par Philippe VI de Valois du duché de Guyenne déclencha le grand conflit de la Guerre de Cent Ans. Evidemment par sa position charnière entre les domaines français et anglais, Mont-de-Domme fut au premier plan dans l'histoire du Périgord.
Aussi, la prise de la bastide le jour de la fête Dieu 1347 symbolisa l'un des plus important épisode de la campagne d'Henri de Lancastre, permettant à ses troupes d'infiltrer le Sarladais.
Malgré tout, la bastide ne resta qu'un an sous contrôle anglais, avant d'être reprise par Guillaume de Montfaucon. Suite à cela, Philippe VI résolut d'équiper d'avantage Mont-de-Domme afin que la bastide resta dans la mouvance française.
En 1360, alors que le traité de Brétigny délivrait Jean le Bon, le Périgord passa sous la suzeraineté du roi-duc. Rapidement le comte de Périgord et la noblesse rallièrent le parti anglais. Ainsi le royaume des lys se trouva-t-il amputé du Quercy, du Rouergue, de l'Agenais et du Périgord.
Cependant, alors qu'une relative tranquillité régnait en Périgord, la bastide de Domme, à l'appel d'Archambaud V, meneur de l'opposition, abandonna le parti du roi-duc. C'est alors qu'en 1369, Henri III sans doute fort mari, décida d'envoyer un contingent à Domme. Mené par Jean Chandos, le siège de la bastide dura 15 jours, mais voyant la ville trop bien défendue les troupes anglaises durent se résoudre d'abandonner la place. Suite à cette victoire, tout les seigneurs périgourdins, voyant la défense anglaise affaiblie , se rallièrent à la bannière française.
Malgré tout, les anglais reprirent le chemin de la reconquête et dès 1405 furent à nouveau maîtres de la bastide. Chassés par Elye et Aymard 'Abzac, durant un rocambolesque et tragique épisode, les anglais ne recouvreront Mont-de-Domme qu'en 1417 grâce à la cupidité du fils d'Aymard, Bertrand d'Abzac. celui paiera d'ailleurs sa trahison de sa tête.
Enfin, en 1453, alors qu'une terrible épidémie de peste ravageait le Sarladais, les troupes françaises sortaient victorieuse de la bataille de Castillon, dernier épisode de la Guerre de Cent Ans. Dès lors, le Périgord pu panser ses plaies.
Pendant un siècle, la paix permit à l'économie du Périgord de devenir florissante grâce notamment à l'extension du vignoble Bergeracois et à l'implantation de petites industries le long de la Dordogne.
C'est d'ailleurs par ce boulevard fluvial que la Réforme protestante, inspirée des mouvements humanistes, s'implanta en Périgord avec l'édification dès 1550 des premières églises réformées malgré les arrêts d'interdiction du Parlement de Bordeaux.
devenues les capitales hétérodoxes de la Guyenne en 1568, Sainte Foy et Bergerac permirent au futur Henri IV de développer sa popularité. Dans sa quêteau pouvoir, Henri de Navarre trouva un allié important en la personne de Geoffroy de Vivans. Ce dernier élevé au château de Castelnaud n'eut qu'un objectif : prendre le plus de villes possible, dont Domme, pour en faire des bastions du calvinisme.
Après quatre tentatives infructueuses, Vivans réussit, grâce à l'appui de protestants Dommois, à vaincre la résistance de la bastide. Une fois dans la place il incendia une partie du couvent et fit démolir l'église dont les pierres furent utilisées à la construction d'un rempart allant de la porte des Tours au précipice au nord.
Deux ans plus tard, n'ayant pu obtenir l'appui de la population restée résolument catholique, Vivans n'eut qu'une alternative: vendre la bastide au maréchal de Thémines. Ainsi, la bastide quitta le domaine royal pour le domaine public et cejusqu'à la Révolution Française.
III) Etude architecturale de la bastide:
De forme trapézoïdale et d'une superficie de 15 hectares en projection horizontale, le "Pech" de Domme détermina le choix de Philippe III pour son adaptation à une défense naturelle quasi totale. En effet, trois de ses côtés étant bordés par des à-pics, seul la partie est dû faire l'objet d'un aménagement.
Ceinturée par un rempart, on pénètre dans la ville par trois portes: La porte Delbos au sud-ouest, la porte Basse à l'ouest, la porte de la Combe au sud et la fameuse porte des Tours à l'est.
Bâtie sur le modèle des bastides agenaises, la plupart des rues de Domme se coupant à angle droitaboutissent aux portes et aux places, exprimant par cette volonté de géométrie un soucis d'égalité. Par conséquent, l'image de la ville représente la traduction spatiale d'une idéologie humaniste d'une part, et d'autre part par son égalité de répartition annonce une expression de la démocratie par l'accès à la citoyenneté des populations semi-nomades.
A Domme l'analyse du plan permet de mettre en évidence deux ensembles distincts. Le premier, résultat d'une planification maîtrisée, englobe un noyau central côté falaise, avec l'église dans l'angle de la place. Le second ensemble, côté rempart, inclut le quartier de la Rode. Celui-ci au tracé libre, contrairement au noyau central est mal raccordé à la maille orthogonale.
D'autre part, outre ces deux ensembles, le plan de la bastide se divise en trois zones. La première dite de la ville haute, était dès l'origine le quartier des nobles, bourgeois et hommes de loi. Au centre se trouve la place de la Halle. De plan carré, elle porta au XVIII siècle le nom de place Royale. En son centre s'élève la halle constituée d'une belle charpente en pans de bois reposant au sud sur des piliers en pierres portant une galerie au premier étage. De nos jours cette halle, bel exemple d'architecture régionale, sert d'entrée aux grottes du Jubilé.
La partie est de la place, faisant face à la halle, se trouve l'Hôtel du Gouverneur qui abrite actuellement la mairie et l'office de tourisme. Cet hôtel attesté dès 1454 possède sur sa face sud une belle tour en encorbellement. Edifié par une famille d'officiers royaux, les Del Vernh, cette demeure fut remanié au niveau de ses ouvertures au XVII siècle.
Quant à l'église, suivant le plan d'occupation des bastides agenaises, elle fut placée dès l'origine dans l'angle nord-est.
Puis quittant la place, légèrement excentré du noyau central, se trouve la Maison Commune, un de rares vestiges de la fin du XIII siècle. Situé dans la rue des Consuls, elle possède une haute façade dont la partie supérieure crénelée encadre une arcade dans laquelle s'accroche une cloche. Les consuls qui s'y réunissaient, pénétraient à l'intérieur par une porte en arc brisé flanquée de deux fenêtres gothiques au dessus desquellesapparaissaient, à chaque extrémité d'une moulure horizontale, deux têtes sculptées.
Enfin, toujours dans la ville haute, se trouve le couvent des Augustins, rue Paul Reclus. Fondé en 1376, par Gilbert de Dôme, subit de nombreuses destructions. Reconstruit en 1670, le couvent selon les témoignages des consuls était formé de trois corps de logis.
La seconde division de la ville, dite ville moyenne, est incluse dans le triangle porte Delbos, porte de la Combe, porte des Tours. Ce quartier était surtout celui des marchands. En son centre se trouve la place de la Rode, appelée aussi place Lendrevie. Cette seconde place par son étendue se divisait en trois secteurs. Le premier, au nord-est portele nom de la Rode car à cet endroit se déroulait le supplice de la roue; le second secteur, placé au nord-ouest se nomme la Monède car on y trouve l'hôtel de la monnaie. En effet, la construction de la bastide ayant un coût élevé le roi décida de faire battre monnaie directement sur place afin de payer les ouvriers. Cet atelier fonctionna d'ailleurs jusqu'au début du XV siècle. La dernière zone, quant à elle se situe au sud de la place et porte le nom de Mercadiol. En effet, à cet endroit se tenait tous les vendredi un marché.
Concernant la ville basse, elle se situe dans le quartier de la Banlaure, entre la porte Delbos et la porte de la Combe. Dans ce quartier étaient regroupés les pauvres et les agriculteurs. C'est d'ailleurs à cet emplacement que fut bâti au XVI siècle le premier hôpital de Domme.
Enfin, à l'extrémité occidentale prenait place la citadelle royale de Campréal. Construite à la même époque que les remparts, elle fut abandonnée au XV siècle, ne laissant au-delà d'un fossé maçonné que quelques murs à l'intérieur desquels se dresse depuis le XVIII un moulin à vent qui fut transformé pour un temps, par l'architecte Geddes, en musée panoramique.
Finalement, malgré ce morcellement de la ville, il ne semble pas qu'à Domme les quartiers aient été des subdivisions administratives, où chaque quartier était représenté par un consul comme à Sarlat. De plus, notons qu'il ne reste que peu de traces de l'époque médiévale à l'intérieur des remparts, car après la guerre de Cent Ans des reconstructions massives furent entreprises.
Aussi, après avoir étudié dans son ensemble la bastide, attachons nous maintenant à l'analyse des portes et des remparts.
Parmi les 4 portes qui donnent accès à la bastide, commençons par la plus ancienne et la plus importante : la porte des Tours.
En effet, par son ampleur, sa conception et sa décoration elle représente l'élément majeur au sein de la défense.
Edifiée en bel appareil de calcaire jaune, aux assises régulières de 0.25 à 0.35 mètres, la porte des Tours faisant face au soleil levant nous accueille par ses deux monumentales tours à bossage enserrant une entrée défendue par une bretèche. Ces deux demi-tours, surmontées par deux tours carrées en avancé sur la courtine, sont accostées par des latrines en encorbellement.
Côté ouest, ouvrant sur la place d'Armes, une façade plate de 28 mètres de long est percée de deux portes en arc brisé permettant l'accès à l'intérieur des tours. Cette façade, dans son édification abandonne le bossage au profit d'un bel appareil de pierres de taille.
Intérieurement, ces deux demi-tours possédant un plan au sol symétrique, se composent d'une travée droite d'environ 4 mètres en avant d'un hémicycle, sont occupées par 3 archères à coussièges dont le rebord du siège s'orne d'un méplat. Couvertes à l'origine par une voûte d'ogive sexpartite, seuls les culots sculptés et les arcs formerets sont encore visibles.
Depuis la place d'Armes, on pénètre dans la tour nord, la plus vaste, par une porte en arc brisé ouvrant sur un sas protégé une herse jumelé à un assommoir au nord. Une fois le sas franchit, une belle cheminée s'ouvre dans l'épaisseur du mur ouest.Celle-ci dont les pieds-droits moulurés soutiennent des consoles en encorbellement supportant un linteau décoré d'une moulure surmontée par une sorte de larmier, est couverte de graffitis.
Puissur le mur nord, une première porte ouvre sur un escalier à vis en très mauvais état de conservation.
Séverine Mages
